Quand on tape « emerson lake and palmer album », on cherche en général l’une de ces deux choses : le disque éponyme de 1970, premier essai d’un trio britannique qui allait pousser le rock progressif vers la démesure, ou une liste claire des disques du groupe pour savoir lesquels écouter. Les deux réponses tiennent en quelques repères, détaillés ensuite titre par titre et album par album.
- Le premier album porte simplement le nom du groupe, Emerson, Lake & Palmer. Il sort en novembre 1970 chez Island, avec Lucky Man, Take a Pebble et The Barbarian.
- Les deux sommets salués par la critique comme par le public sont Tarkus (1971) et Brain Salad Surgery (1973).
- Pour débuter, Trilogy (1972) offre le meilleur équilibre entre ballades et morceaux instrumentaux.
- Le trio original a publié neuf albums studio entre 1970 et 1994, sans compter Pictures at an Exhibition, enregistré en public.
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Emerson Lake and Palmer album de 1970 : le disque fondateur titre par titre
Au printemps 1970, trois musiciens déjà reconnus décident d’unir leurs forces. Keith Emerson quitte The Nice, Greg Lake tourne la page King Crimson après le choc de In the Court of the Crimson King, et Carl Palmer abandonne Atomic Rooster. Le trio donne son premier concert à Plymouth puis frappe un grand coup au festival de l’île de Wight, fin août. L’enregistrement se fait dans la foulée aux studios Advision de Londres, avec Greg Lake à la production et Eddy Offord à la console.
Le résultat ressemble moins à une œuvre pensée d’un bloc qu’à une carte de visite : chacun y expose son jeu, et l’ensemble esquisse déjà le son du groupe.
- The Barbarian : une relecture musclée de l’Allegro barbaro de Béla Bartók, portée par un orgue Hammond saturé.
- Take a Pebble : plus de douze minutes autour d’une ballade de Lake, ouverte par des cordes de piano pincées à la main.
- Knife-Edge : un thème emprunté à la Sinfonietta de Leoš Janáček, avec une citation de Bach glissée au milieu.
- The Three Fates : un triptyque d’Emerson qui passe du grand orgue du Royal Festival Hall au piano solo, puis au trio complet.
- Tank : la vitrine de Carl Palmer, solo de batterie compris.
- Lucky Man : une chanson que Lake avait écrite à douze ans, enregistrée presque pour combler un manque de matière.
C’est pourtant ce dernier titre qui a fait la réputation du disque. Le solo de synthétiseur Moog qui le referme, improvisé par Emerson, compte parmi les passages les plus cités de l’histoire du clavier rock. Aux États-Unis, où l’album paraît chez Cotillion, Lucky Man passe en radio et ouvre au trio le marché américain. En Grande-Bretagne, le disque se hisse dans le top 5 des ventes.
Écouté aujourd’hui, ce premier album garde un charme à part. Moins chargé que les œuvres suivantes, il laisse respirer les morceaux, et beaucoup d’amateurs le placent devant des disques plus ambitieux justement pour cette fraîcheur. Pour replacer ce disque dans le parcours complet du trio, de sa formation à sa séparation, notre dossier consacré à Emerson Lake and Palmer retrace les grandes étapes du groupe.
Tous les albums d’Emerson, Lake & Palmer dans l’ordre de sortie
Sur le papier, la discographie paraît simple. En pratique, elle mélange disques studio, enregistrements publics et projets à géométrie variable. Le tableau ci-dessous s’en tient aux sorties officielles du trio original, classées par date.
| Année | Album | Type | Ce qu’il faut en retenir |
|---|---|---|---|
| 1970 | Emerson, Lake & Palmer | Studio | Le disque fondateur, porté par Lucky Man |
| 1971 | Tarkus | Studio | Une suite de vingt minutes sur la face A, numéro 1 au Royaume-Uni |
| 1971 | Pictures at an Exhibition | Live | Moussorgski revisité sur scène à Newcastle |
| 1972 | Trilogy | Studio | From the Beginning et Hoedown, d’après Aaron Copland |
| 1973 | Brain Salad Surgery | Studio | Karn Evil 9 et la pochette signée H.R. Giger |
| 1974 | Welcome Back My Friends to the Show That Never Ends | Live triple | La puissance du groupe pendant la tournée américaine |
| 1977 | Works Volume 1 | Studio double | Trois faces solo et une face de groupe avec Fanfare for the Common Man |
| 1977 | Works Volume 2 | Studio | Des morceaux courts et des inédits, à l’intérêt inégal |
| 1978 | Love Beach | Studio | Un disque de fin de contrat, souvent jugé le plus faible |
| 1992 | Black Moon | Studio | Le retour du trio après quatorze ans d’absence |
| 1994 | In the Hot Seat | Studio | Le dernier album studio, passé presque inaperçu |
Ce découpage montre bien la trajectoire du groupe : une rafale de disques majeurs en quatre ans, puis un net ralentissement. Après Brain Salad Surgery, le trio s’accorde une pause de trois ans et ne retrouvera plus vraiment son élan de départ. Les deux albums des années 1990 intéressent surtout les fidèles qui veulent une collection complète.
Top albums ELP : les cinq disques à écouter en priorité
Les classements publiés par les amateurs, notamment sur les sites de critique participative, s’accordent sur un noyau dur. Voici notre ordre, avec ce qui justifie chaque place.
- Brain Salad Surgery (1973) : le plus abouti. La longue suite Karn Evil 9 et son refrain « Welcome back my friends » côtoient une adaptation de Jerusalem et une Toccata d’après Alberto Ginastera. C’est le premier disque paru sur Manticore, le label créé par le groupe.
- Tarkus (1971) : l’album de la démesure. La suite titre raconte le combat d’une créature mi-tatou mi-char d’assaut, métaphore assez transparente de l’absurdité de la guerre. La pochette de William Neal est devenue une icône du genre.
- Emerson, Lake & Palmer (1970) : pour sa spontanéité et parce que Lucky Man reste la porte d’entrée la plus évidente vers le groupe.
- Trilogy (1972) : le disque le plus équilibré. From the Beginning montre le Lake mélodiste, Hoedown le trio en mode fanfare électrique, The Endless Enigma son versant le plus grandiose.
- Pictures at an Exhibition (1971) : à écouter pour comprendre ce que valait ELP en concert, et comment le trio s’appropriait la musique classique sans la singer.
Tarkus partage avec le Thick as a Brick de Jethro Tull, paru l’année suivante, cette ambition d’occuper une face entière avec une seule pièce. Les deux disques ont d’ailleurs fixé l’image que le grand public se fait encore du prog des années 70.
Il faut aussi rappeler que le trio n’avait rien d’un modèle unique. Là où Gentle Giant misait sur les entrelacs vocaux et les instruments acoustiques, ELP jouait la carte de la puissance des claviers. La scène de Canterbury suivait une troisième voie : la même année que le premier disque du trio, Soft Machine publiait Third, quatre longues plages tournées vers le jazz. Comparer ces disques aide à mesurer ce qui fait la singularité d’ELP : la virtuosité frontale, assumée jusqu’à l’excès.
Albums live, compilations et projets parallèles : les cas particuliers
Plusieurs disques brouillent la lecture de la discographie, et ce sont souvent eux qui provoquent les mauvais achats.
Pictures at an Exhibition a été capté en mars 1971 au City Hall de Newcastle. Le label hésitait à le publier, jugeant le projet trop risqué commercialement ; il sort finalement à prix réduit au Royaume-Uni et rencontre un vrai succès. Ce n’est donc pas un album studio, même si de nombreuses listes le rangent parmi eux.
Welcome Back My Friends to the Show That Never Ends, triple album paru en 1974, documente le groupe à son apogée scénique. Plus tard, In Concert (1979) reprend une partie du concert donné en 1977 au Stade olympique de Montréal avec orchestre, pendant la tournée Works. Ces deux enregistrements montrent deux visages très différents du trio : la force brute d’un côté, l’ambition symphonique de l’autre.
Restent les projets qui empruntent les initiales sans réunir les trois musiciens. Emerson, Lake & Powell (1986) remplace Carl Palmer, alors occupé avec Asia, par le batteur Cozy Powell. To the Power of Three (1988), signé du groupe 3, associe Emerson et Palmer au multi-instrumentiste Robert Berry, sans Greg Lake. Ces disques ont leur intérêt, mais ils ne font pas partie de la discographie d’ELP au sens strict.
Quant aux compilations, elles se comptent par dizaines. Avant d’en acheter une, vérifiez si les morceaux sont proposés dans leur version studio ou live, car certaines privilégient les enregistrements en concert sans le signaler clairement sur la pochette.
Acheter un emerson lake and palmer album pas cher : quelle édition choisir
Bonne nouvelle pour les budgets serrés : les disques du trio se sont vendus massivement dans les années 70, et les pressages d’époque restent nombreux sur le marché de l’occasion. Un CD d’occasion se trouve souvent pour quelques euros, et les vinyles européens courants restent abordables tant qu’on ne vise pas les premiers pressages britanniques en très bon état.
Côté son, les rééditions remastérisées de 2012 ont marqué une étape : elles apportent plus de clarté que les premiers CD des années 80, et certaines éditions augmentées ajoutent des mixages alternatifs ou des prises inédites. D’autres rééditions sont parues depuis, en coffrets ou en vinyle neuf ; comparez le contenu de chaque édition plutôt que de vous fier au seul prix.
Quelques réflexes évitent les déceptions :
- sur un vinyle d’occasion, contrôlez l’état de la pochette autant que celui du disque, surtout pour Tarkus et sa pochette ouvrante ;
- pour Brain Salad Surgery, la pochette d’origine s’ouvre en deux volets sur le visage peint par Giger, un détail qui fait grimper la cote des exemplaires complets ;
- méfiez-vous des annonces qui ne précisent ni le pays de pressage ni l’année, car l’écart de valeur peut être important ;
- si vous voulez simplement découvrir le groupe, les plateformes de streaming proposent les albums en intégralité, ce qui permet de tester avant d’investir dans un support physique.
Les confusions qui faussent le choix d’un album ELP
Première erreur fréquente : commencer par Love Beach ou par un disque des années 1990 parce qu’il est bon marché. Ces albums ne donnent pas une image fidèle du trio, et beaucoup d’auditeurs s’arrêtent là sans avoir entendu le meilleur.
Deuxième piège : croire que Works Volume 1 est un album de groupe. Trois de ses quatre faces sont en réalité consacrées aux projets personnels de chaque musicien, et seule la dernière réunit le trio, avec Fanfare for the Common Man et Pirates. C’est un disque passionnant pour qui connaît déjà ELP, beaucoup moins pour une première écoute.
Troisième confusion, plus anecdotique mais tenace : l’album éponyme ne s’appelle ni « Lucky Man » ni « First Album », même si certains vendeurs l’indexent ainsi. Pour un premier contact, le plus sûr reste de suivre l’ordre de notre top 5, puis de remonter la chronologie selon vos goûts : plutôt les ballades de Lake, plutôt les fresques instrumentales d’Emerson.
Quel album d’Emerson, Lake & Palmer écouter en premier ?
Trilogy (1972) est le plus accessible, car il alterne chansons et pièces instrumentales. Si vous aimez les formats longs et spectaculaires, passez ensuite à Brain Salad Surgery puis à Tarkus. Le disque de 1970 convient très bien aussi, notamment si vous connaissez déjà Lucky Man.
Lucky Man figure-t-il bien sur le premier album du trio ?
Oui, Lucky Man clôt la face B du disque éponyme de 1970. Le morceau est devenu le premier succès radio du groupe aux États-Unis, en grande partie grâce au solo de synthétiseur Moog qui le termine.
Pictures at an Exhibition est-il un disque studio ou un live ?
C’est un enregistrement public, capté en mars 1971 au City Hall de Newcastle. Le trio y adapte l’œuvre de Moussorgski en y mêlant ses propres compositions, ce qui explique que certaines listes le classent à tort parmi les albums studio.
Emerson, Lake & Powell fait-il partie de la discographie d’ELP ?
Pas au sens strict. Sur ce disque de 1986, Carl Palmer est remplacé par Cozy Powell. Il prolonge l’univers d’Emerson et de Lake, mais il ne réunit pas le trio original.
Pourquoi la pochette de Brain Salad Surgery est-elle si célèbre ?
Elle est l’œuvre de H.R. Giger, futur créateur visuel du film Alien. Sur l’édition vinyle d’origine, la pochette s’ouvre en deux volets pour révéler un visage féminin peint, ce qui en fait l’une des pochettes les plus recherchées du rock progressif.
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