Jethro Tull est un groupe britannique de rock formé en 1967 à Luton, en Angleterre, autour du chanteur et flûtiste Ian Anderson. Son style mêle blues, folk, jazz et rock progressif, avec une signature sonore portée par la flûte traversière. Le nom du groupe vient d’un agronome anglais du XVIIIe siècle. Parmi ses albums les plus cités figurent Aqualung (1971) et Thick as a Brick (1972). Le groupe reste actif et a sorti RökFlöte en 2023.
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Jethro Tull, un groupe britannique de rock né à Luton en 1967
L’histoire commence en 1967 dans le Bedfordshire, à Luton, même si plusieurs membres du futur Jethro Tull se connaissaient déjà depuis le début des années 1960 à Blackpool, sous le nom de The Blades. Le premier line-up stable réunit Ian Anderson au chant et à la flûte, Mick Abrahams à la guitare, Glenn Cornick à la basse et Clive Bunker à la batterie.
Le nom du groupe est emprunté à Jethro Tull, agronome anglais du XVIIIe siècle, célèbre pour avoir perfectionné le semoir mécanique. À l’époque, les jeunes formations britanniques cherchaient des noms inhabituels auprès de leur agent, et ce patronyme d’un autre siècle a été retenu pour sa sonorité. Le groupe n’a donc aucun lien de parenté avec l’agronome, et cette confusion revient souvent chez les nouveaux auditeurs.
Dès le premier album, This Was (1968), le blues rock domine. Le virage stylistique arrive avec Stand Up (1969), qui installe la flûte au premier plan et ouvre la voie à une musique plus ambitieuse. Martin Barre rejoint alors la formation à la guitare, et sa complicité avec Ian Anderson va durer plus de quatre décennies.
Ian Anderson, la flûte et l’identité sonore de Jethro Tull
Ian Anderson est la figure centrale du groupe depuis sa création. Chanteur, flûtiste, guitariste acoustique et principal compositeur, il a façonné un son que l’on reconnaît dès les premières notes. Sa manière de jouer de la flûte traversière, souvent debout sur une jambe et dans une posture théâtrale, est devenue une image associée au rock progressif des années 1970.
La flûte n’était pourtant pas un choix esthétique au départ. Anderson l’a adoptée parce qu’un guitariste plus expérimenté occupait déjà le poste dans la formation précédente, et l’instrument est devenu peu à peu la marque de fabrique de Jethro Tull. Ce détail explique en partie la singularité du groupe dans le paysage britannique de l’époque.
D’autres formations progressives ont suivi un chemin comparable en donnant à un instrument peu attendu un rôle de premier plan. C’est le cas de Thijs van Leer, dont la flûte et l’orgue ont défini l’identité de Focus aux Pays-Bas. Les deux groupes partagent cette idée qu’un timbre particulier peut porter toute une discographie.
Discographie de Jethro Tull : les albums qui comptent
La production du groupe est dense, avec plus de vingt albums studio étalés sur six décennies. Plutôt qu’une liste exhaustive, voici les jalons qui reviennent le plus souvent quand on découvre Jethro Tull.
| Année | Album | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| 1968 | This Was | Des débuts marqués par le blues rock et le jazz. |
| 1969 | Stand Up | Arrivée de Martin Barre, la flûte prend le devant. |
| 1971 | Aqualung | L’album le plus connu, entre critique sociale et folk rock. |
| 1972 | Thick as a Brick | Une seule pièce de plus de quarante minutes, sommet du progressif. |
| 1977 | Songs from the Wood | Virage folk et pastoral, très apprécié des amateurs. |
| 1987 | Crest of a Knave | Grammy dans une catégorie hard rock, une décision restée célèbre. |
| 2023 | RökFlöte | Retour à la mythologie nordique, avec une flûte toujours centrale. |
Le cas de Crest of a Knave mérite un mot. En 1989, le groupe reçoit le tout premier Grammy de la catégorie hard rock et metal, devant Metallica. La polémique a longtemps occupé les discussions entre fans, mais elle rappelle surtout que Jethro Tull n’a jamais vraiment appartenu à une seule case musicale.
Jethro Tull dans la mouvance du rock progressif britannique
Situer Jethro Tull dans la scène progressive britannique n’est pas si simple. Le groupe partage avec ses contemporains le goût des longues suites, des textes travaillés et des ruptures de ton, mais il conserve une base blues et folk que beaucoup d’autres ont abandonnée. Cette position hybride explique pourquoi certains puristes hésitent à le classer dans le mouvement, alors que le public l’y associe spontanément.
La comparaison avec King Crimson est éclairante. Là où Robert Fripp et ses musiciens explorent une complexité rythmique et une tension presque expérimentale, Ian Anderson privilégie la narration, l’acoustique et une forme de théâtre. Les deux approches se croisent pourtant dans les festivals de l’époque et dans l’imaginaire des auditeurs.
Un autre voisin de route est Procol Harum, autre formation britannique passée du single orchestral à des albums plus amples. Tous ces groupes ont profité d’un moment où les maisons de disques laissaient à des musiciens exigeants une liberté de format aujourd’hui difficile à imaginer.
Le contexte de l’époque compte aussi. Après Woodstock et Hendrix, le public européen attend des concerts plus longs, plus scéniques, avec une vraie dramaturgie. Jethro Tull a répondu à cette demande en construisant des spectacles où le chant, la flûte et les éclairages formaient un tout.
Il ne faut pas oublier l’influence américaine. Entre le blues de Chicago et le folk de la côte est, les musiciens britanniques puisaient largement outre-Atlantique. Le parcours d’un Chanteur américain des années 70 montre bien comment ces échanges ont nourri les deux rives de l’Atlantique pendant toute la décennie.
Membres, changements de line-up et cas particuliers
Jethro Tull a connu un nombre important de changements de musiciens. Seul Ian Anderson est présent de bout en bout, ce qui a longtemps alimenté le débat sur la nature réelle du groupe : formation collective ou projet porté par un homme. La question s’est posée avec acuité entre 2014 et 2017, période où les tournées étaient annoncées sous le nom de Jethro Tull’s Ian Anderson, avant un retour à l’appellation d’origine.
Parmi les musiciens marquants, on retient le guitariste Martin Barre, présent de 1969 à 2012, le bassiste Dave Pegg, le batteur Barriemore Barlow ou le claviériste John Evan. Le départ de Martin Barre a constitué une rupture pour de nombreux fans, car son jeu de guitare faisait partie intégrante de l’équilibre sonore depuis Stand Up.
La formation actuelle s’organise autour d’Ian Anderson, avec David Goodier à la basse, John O’Hara aux claviers, Scott Hammond à la batterie, Joe Parrish à la guitare et Ryan O’Donnell au chant. Cette configuration permet de rejouer le répertoire historique tout en défendant les albums récents.
Idées reçues et erreurs fréquentes autour de Jethro Tull
La première confusion concerne le nom. Beaucoup de personnes cherchent un musicien nommé Jethro Tull, alors qu’il s’agit d’un groupe baptisé d’après un agronome du XVIIIe siècle. Il n’existe aucun membre de la formation portant ce patronyme.
La deuxième erreur consiste à réduire Jethro Tull à un seul morceau ou à un seul album. Aqualung reste la porte d’entrée la plus fréquente, mais la discographie réserve des ambiances très différentes selon les périodes, du folk de Songs from the Wood au rock plus direct des années 1980.
Enfin, certains pensent que le groupe s’est arrêté dans les années 1970. C’est faux : la formation a continué à publier et à tourner, avec un regain de créativité au début des années 2020. Cette longévité, rare pour un groupe progressif de cette génération, explique l’intérêt constant du public français pour ses concerts.
Jethro Tull en concert et actualité récente
Les tournées se poursuivent, avec des passages réguliers en Europe et en France. Le répertoire alterne les classiques incontournables et des extraits des albums récents, ce qui permet de toucher à la fois le public historique et les auditeurs arrivés plus tard.
Après The Zealot Gene en 2022 et RökFlöte en 2023, le groupe a maintenu un rythme de sorties soutenu, signe qu’Ian Anderson n’a pas l’intention de refermer le chapitre. Les annonces de concerts pour 2026 confirment cette dynamique, avec des salles de tailles variées selon les pays.
Pour un amateur de rock progressif, voir Jethro Tull sur scène reste une expérience particulière. La voix d’Anderson a évolué avec le temps, les arrangements ont été adaptés, mais la présence de la flûte et la construction dramatique des morceaux rappellent immédiatement l’époque qui a vu naître le groupe.
Jethro Tull est-il toujours en tournée ?
Oui. Le groupe continue de se produire, principalement en Europe et en Amérique du Nord, avec une formation menée par Ian Anderson. Le répertoire mêle les classiques des années 1970 et des titres issus des albums publiés depuis 2022.
Qui est le chanteur de Jethro Tull ?
Ian Anderson est le chanteur historique et le leader du groupe depuis 1967. Il est aussi flûtiste, guitariste acoustique et principal auteur des morceaux. Depuis les années 2020, Ryan O’Donnell assure une partie du chant sur scène aux côtés d’Anderson.
Pourquoi le groupe s’appelle-t-il Jethro Tull ?
Le nom vient de Jethro Tull, un agronome anglais du XVIIIe siècle qui a perfectionné le semoir. Il a été choisi à la fin des années 1960 pour son originalité, à une époque où les groupes britanniques cherchaient des noms faciles à retenir.
Quel album de Jethro Tull écouter en premier ?
Aqualung (1971) reste l’entrée la plus simple, avec des morceaux courts et marquants. Pour découvrir la face progressive, Thick as a Brick (1972) est incontournable. Si vous préférez le versant folk, Songs from the Wood (1977) constitue un bon point de départ.
Jethro Tull est-il un groupe de rock progressif ?
Le groupe est généralement classé dans le rock progressif, mais son style inclut aussi du blues, du folk et du jazz. Cette diversité fait que certains le placent à part dans le mouvement, même s’il en partage les codes principaux.



