Jan Akkerman : le guitariste de Focus, de Hocus Pocus à sa carrière solo

Jan Akkerman : le guitariste de Focus, de Hocus Pocus à sa carrière solo

Jan Akkerman est un guitariste néerlandais né le 24 décembre 1946 à Amsterdam. Membre de Focus de 1970 à 1976, il cosigne Hocus Pocus et façonne le son de Moving Waves et de Focus 3. Il mène ensuite une longue carrière solo entre rock, jazz et musique ancienne. En 1973, les lecteurs du magazine britannique Melody Maker l’ont élu meilleur guitariste du monde.

Sur un site consacré à Focus, il est difficile d’évoquer le groupe sans s’arrêter longuement sur l’homme qui tenait la guitare. Jan Akkerman n’était pas un simple accompagnateur des envolées de flûte et d’orgue : il a apporté au groupe un mélange très personnel de blues, de jazz, de classique et même de musique de la Renaissance. Ce portrait reprend son parcours, explique ce qui rend son jeu reconnaissable, présente les disques qui comptent et vous aide à éviter les confusions les plus courantes sur le musicien.

Jan Akkerman, biographie express d’un guitariste d’Amsterdam

Jan Akkerman grandit à Amsterdam dans une famille modeste et prend la guitare très jeune. Adolescent, il joue déjà dans des formations locales comme Johnny and his Cellar Rockers, où il croise le batteur Pierre van der Linden, puis au sein des Hunters, groupe néerlandais de beat des années 1960. Parallèlement à la scène, il approfondit la guitare classique et s’intéresse au luth, un instrument qui reviendra plusieurs fois dans sa discographie.

En 1968, il fonde Brainbox avec le chanteur Kaz Lux et Pierre van der Linden. Le groupe pratique un rock teinté de blues et de psychédélisme, et son unique album studio de cette période révèle déjà un guitariste au toucher précis et à l’imagination débordante. C’est à cette époque que Thijs van Leer le remarque.

Si vous voulez comprendre l’autre moitié du duo créatif de Focus, notre portrait de Thijs van Leer raconte comment le flûtiste et organiste a construit le groupe et pourquoi sa collaboration avec Akkerman a été aussi fertile que tendue.

Jan Akkerman et Focus : six années qui ont changé le rock progressif

À la charnière de 1969 et 1970, Akkerman rejoint le trio formé par Thijs van Leer. Le premier album, In and Out of Focus, sort en 1970. Peu après, la formation est remaniée : Pierre van der Linden arrive à la batterie et Cyril Havermans à la basse. C’est ce line-up qui enregistre Moving Waves, le disque de la percée internationale.

Le succès de Hocus Pocus, porté par le riff d’Akkerman et le yodel de van Leer, ouvre au groupe les portes du Royaume-Uni et des États-Unis. Sylvia, extrait de Focus 3, confirme cette réussite dans les classements. Pendant ces années, Focus tourne énormément et le guitariste devient l’un des noms les plus respectés de la scène européenne.

Album Année Ce qu’il faut écouter côté guitare
In and Out of Focus 1970 Un jeu encore marqué par le blues et la pop de la fin des années 1960
Moving Waves 1971 Hocus Pocus, Le Clochard (guitare acoustique) et la longue suite Eruption
Focus 3 1972 Sylvia, Anonymus II et de longues improvisations proches du jazz
At the Rainbow 1973 Le groupe en concert à Londres, au sommet de sa puissance scénique
Hamburger Concerto 1974 Des pièces ambitieuses où le luth et la guitare dialoguent avec l’orgue
Mother Focus 1975 Dernier album studio d’Akkerman avec le groupe, plus court et plus funk

Les tensions artistiques grandissent pourtant. Akkerman veut explorer le jazz et ses propres compositions, tandis que van Leer tient à son cap. Le guitariste quitte Focus début 1976. Les deux hommes se retrouveront ponctuellement, notamment pour un album commun publié en 1985 sous le nom Focus, sans que la formation des débuts soit durablement reconstituée.

Le jeu de guitare de Jan Akkerman, ce que retiennent les guitar players

Quand on demande aux guitar players ce qui distingue Jan Akkerman, trois éléments reviennent. D’abord la vitesse et la netteté de son attaque au médiator, qui lui permettent d’enchaîner des phrases très rapides sans perdre en clarté. Ensuite son vocabulaire, qui puise autant dans le blues que dans le jazz et la musique classique. Enfin un sens mélodique qui évite la démonstration gratuite : même ses passages les plus virtuoses restent chantants.

  • Le son électrique : il est très associé à la Gibson Les Paul Custom des années Focus, au son épais et soutenu.
  • Les débuts : à ses premières années, il joue notamment sur des guitares de la marque allemande Framus, très présentes aux Pays-Bas dans les années 1960.
  • Le luth et l’acoustique : il les utilise pour des pièces inspirées de la Renaissance, une couleur rare dans le rock de l’époque.
  • Les effets de volume : il fait gonfler les notes au potentiomètre, ce qui donne à certains passages une sonorité presque proche du violon.

Cette palette explique la victoire au référendum des lecteurs de Melody Maker en 1973, où il devance des figures britanniques déjà célèbres. Pour un guitariste continental, une telle reconnaissance outre-Manche était exceptionnelle à l’époque.

Après Focus : la discographie solo de Jan Akkerman

La carrière solo d’Akkerman commence en réalité pendant les années Focus. Profile paraît en 1972, puis Tabernakel en 1973, un disque étonnant où il joue du luth sur des pièces anciennes et s’entoure aussi de Tim Bogert et Carmine Appice pour des morceaux plus rock.

Après son départ du groupe, il publie Eli en 1976 avec Kaz Lux, retrouvant son ancien partenaire de Brainbox. Suivent un album intitulé simplement Jan Akkerman en 1977 et Aranjuez en 1978, une relecture du célèbre concerto de Joaquín Rodrigo. Au fil des décennies, il s’oriente de plus en plus vers le jazz-rock et le jazz instrumental, avec des disques studio et de nombreux enregistrements en concert.

Ce répertoire solo est moins connu du grand public que Hocus Pocus, mais il éclaire mieux l’étendue de son talent. Pour un amateur de rock progressif, c’est souvent là que se trouvent les meilleures surprises.

Écouter Jan Akkerman aujourd’hui : Spotify, Deezer et rééditions

Sur Akkerman Spotify, la page de l’artiste affichait environ 29 800 auditeurs mensuels au 4 novembre 2026. Ce chiffre modeste ne reflète pas son influence : une grande partie de l’écoute passe par les titres de Focus, rangés sous le nom du groupe. Deezer propose également une page artiste avec albums solo et collaborations.

Côté actualité, son compte Instagram officiel a annoncé une compilation réunissant Hocus Pocus, Sylvia et des moments de son parcours solo, prévue le 12 décembre en vinyle, CD et numérique. C’est une porte d’entrée pratique pour qui découvre le guitariste. La façon dont ces artistes de la génération des années 1970 animent leurs réseaux montre d’ailleurs à quel point la communication en ligne est devenue un métier à part entière : notre guide Trouver le Community Manager Idéal explique comment ce rôle s’organise.

La rubrique people du site ne se limite pas aux légendes du rock progressif. Vous y trouverez aussi des portraits très différents, comme celui d’Astrid Nelsia, pour varier les lectures entre deux écoutes de Moving Waves.

Erreurs fréquentes sur Jan Akkerman et conseils d’écoute

Plusieurs idées reçues circulent sur le guitariste. Les connaître permet de lire les biographies et les forums avec un peu plus de recul.

  • Croire qu’il chante le yodel de Hocus Pocus : c’est Thijs van Leer qui yodle, Akkerman signe le riff et cosigne le morceau.
  • Penser qu’il a fondé Focus seul : le groupe existe avant son arrivée, autour de van Leer. Akkerman en devient ensuite l’une des deux forces motrices.
  • Réduire sa carrière à Focus : sa période solo couvre plusieurs décennies et ses disques de jazz méritent l’écoute.
  • Confondre avec la ville d’Akkerman : ce nom désigne aussi l’ancienne appellation de Bilhorod-Dnistrovskyï, en Ukraine. Ajoutez « guitariste » ou « Focus » à vos recherches pour éviter les résultats hors sujet.

Pour découvrir son jeu, un parcours simple fonctionne bien : commencez par Moving Waves, enchaînez avec At the Rainbow pour l’énergie du live, puis passez à Tabernakel pour mesurer son ouverture vers la musique ancienne. Terminez par un album solo plus jazz afin d’entendre comment son style a évolué après 1976.

Jan Akkerman en cinq questions directes

Quel âge a Jan Akkerman ?

Né le 24 décembre 1946 à Amsterdam, Jan Akkerman a 79 ans en novembre 2026 et fêtera ses 80 ans le 24 décembre 2026.

Pourquoi Jan Akkerman a-t-il quitté Focus ?

Il part début 1976 à cause de divergences artistiques avec Thijs van Leer : il souhaitait davantage de liberté pour ses compositions et une orientation plus jazz.

Quelle guitare utilise Jan Akkerman ?

Pendant les années Focus, il est surtout associé à la Gibson Les Paul Custom. À ses débuts, il jouait sur des guitares Framus, et il utilise aussi le luth et la guitare acoustique.

Où écouter Jan Akkerman en streaming ?

Ses albums solo sont disponibles sur Spotify et Deezer, tandis que ses enregistrements avec le groupe figurent sous le nom Focus sur les mêmes plateformes.

Jan Akkerman joue-t-il encore sur scène ?

Il a longtemps tourné avec son propre groupe après Focus. Pour vérifier s’il se produit en ce moment, le plus fiable reste son site officiel et ses réseaux, qui annoncent les dates et les sorties.