Hocus Pocus, le groupe de hip-hop nantais qui joue le rap avec de vrais instruments

Hocus Pocus, le groupe de hip-hop nantais qui joue le rap avec de vrais instruments

Hocus Pocus est un groupe de hip-hop français originaire de Nantes, fondé en 1995 autour de 20Syl. Sa particularité : jouer du rap avec de vrais instruments (basse, batterie, Fender Rhodes) mêlés aux scratchs et aux samples, dans un esprit jazz, soul et funk. Le grand public le découvre en 2007 avec l’album Place 54, suivi de 16 Pièces.

Vous cherchez qui se cache derrière le nom Hocus Pocus, ce groupe que l’on classe à la fois dans le rap et dans la musique live ? La réponse tient en quelques mots : une formation nantaise menée par 20Syl, qui a choisi dès le départ de marier le hip-hop des origines avec un vrai groupe de musiciens. Résultat, un son chaleureux, souvent comparé à une jam session, et des textes plutôt positifs, loin des postures habituelles du genre. Cet article retrace son parcours, présente ses membres, décrit ce qui rend sa musique reconnaissable et indique par quels disques entrer dans son univers.

Hocus Pocus, un groupe de hip-hop nantais pas comme les autres

Le nom vient d’une formule magique, et le clin d’œil n’est pas anodin : le groupe a passé ses premières années à enchaîner des « formules », titre de ses deux premiers projets. Derrière ce goût du jeu se trouve 20Syl, à la fois producteur, rappeur et DJ, véritable moteur du projet depuis sa création.

Ce qui distingue Hocus Pocus de la plupart des formations rap françaises, c’est l’instrumentation. Là où beaucoup d’artistes construisent leurs morceaux uniquement à partir de boucles et de machines, le groupe nantais s’appuie sur une section rythmique jouée en direct, un clavier Fender Rhodes et, plus tard, une guitare. Les spécialistes ont longtemps parlé d’un « ovni » dans le paysage hip-hop, car ce choix restait rare en France comme ailleurs. Les platines ne disparaissent pas pour autant : scratchs et samples gardent une place centrale, ce qui permet au groupe de rester fidèle à l’esprit du rap tout en sonnant comme un orchestre.

De Première Formule à 16 Pièces : la chronologie du groupe Hocus Pocus

L’histoire du groupe s’étale sur une quinzaine d’années avant d’atteindre le grand public. Le tableau ci-dessous reprend les étapes les plus marquantes, telles qu’elles sont documentées dans les biographies disponibles.

Année Étape clé
1995 20Syl et Cambia fondent Hocus Pocus à Nantes et publient la mixtape Première Formule.
1997 DJ Greem rejoint l’aventure, le groupe sort l’album Seconde Formule.
1999 Départ de Cambia.
2000 Arrivée de musiciens : Yannick Busi au Fender Rhodes, Antoine Saint-Jean à la batterie et Ydr à la basse.
2001 Création du label indépendant On&On.
2002 Sortie d’un EP de huit titres, Acoustic Hip Hop Quintet.
2003 Le maxi Conscient compte parmi les meilleures ventes de maxis de l’année. Yannick Busi et Ydr quittent le groupe.
2004 Hervé Godard prend la basse, le line-up se reconstruit.
2005 et 2006 Album 73 Touches, puis sa réédition en 2006, portée par le single « Hip Hop? » enregistré avec Procussions.
2007 Place 54 fait connaître le groupe au grand public.
2010 Sortie de 16 Pièces (certaines plateformes affichent une première parution dès 2009).

Deux moments ressortent de cette frise. D’abord le virage de l’an 2000, quand le duo de rappeurs et DJ se transforme en véritable formation instrumentale : c’est à ce moment que naît l’identité « hip-hop acoustique » qui fera sa réputation. Ensuite la période 2006 et 2007, où la réédition de 73 Touches puis Place 54 font basculer Hocus Pocus du statut de groupe culte local à celui de nom reconnu sur la scène nationale. Le label On&On, monté dès 2001, montre aussi une volonté d’indépendance assez précoce pour un groupe de rap de l’époque.

Le line-up de Hocus Pocus et le rôle de chaque musicien

Dans sa formation la plus connue, celle de l’époque Place 54 et 16 Pièces, le groupe compte cinq membres. Chacun occupe une fonction précise, ce qui explique la richesse des arrangements :

  • 20Syl : producteur, MC et DJ, il écrit les textes et pilote la direction artistique.
  • DJ Greem : aux platines depuis 1997, il assure les scratchs qui rappellent l’ancrage hip-hop du projet.
  • Mathieu Lelièvre : au Fender Rhodes, ce piano électrique au timbre rond qui donne la couleur jazz et soul.
  • Hervé Godard : à la basse, pilier du groove.
  • Antoine Saint-Jean : à la batterie, présent depuis l’arrivée des musiciens en 2000.

Le groupe s’est ensuite élargi avec David Ledeunff à la guitare. Sur les grandes scènes, une section cuivres vient parfois compléter l’ensemble, ce qui renforce encore le côté big band des concerts. Ce fonctionnement collectif tranche avec le modèle classique du rappeur accompagné d’un DJ : ici, le rap devient un instrument parmi d’autres.

Le son Hocus Pocus : jazz, soul et funk au service du rap

Écouter un morceau du groupe, c’est entendre une basse qui joue réellement les lignes, une batterie aux nuances humaines et un Rhodes qui pose des accords feutrés. Par-dessus, les scratchs et les samples rappellent les codes du hip-hop des années 90. Ce mélange produit un son instrumental nettement influencé par le jazz, la soul et le funk, avec parfois des ambiances venues des musiques du monde.

Les textes jouent un rôle tout aussi important. L’écriture de 20Syl se distingue par son humour et son ironie, ainsi que par un état d’esprit résolument positif. Pas de surenchère ni de clichés agressifs : les morceaux parlent du hip-hop lui-même, de la création, du quotidien, avec un recul souvent amusé. C’est l’une des raisons pour lesquelles Hocus Pocus a séduit au-delà du public rap, notamment des amateurs de jazz ou de groove qui n’auraient pas forcément écouté du rap français.

Pour un musicien, l’intérêt est aussi pédagogique. Le groupe montre qu’on peut transposer les codes d’une production à base de samples dans un jeu live sans perdre l’énergie du genre, un exercice que peu de formations ont réussi à tenir sur la durée.

Place 54 et 16 Pièces, les albums qui ont installé le groupe

Place 54, paru en 2007, est souvent cité comme le disque de la révélation. Il arrive juste après le succès de la réédition de 73 Touches et confirme que le groupe sait transformer l’essai : les morceaux gagnent en ampleur, les arrangements deviennent plus ambitieux et l’identité sonore est désormais parfaitement maîtrisée.

16 Pièces prolonge cette dynamique. L’album a été pensé comme un puzzle, dont chaque titre serait un morceau d’un ensemble plus large, et les critiques ont salué sa cohérence. Il est présenté comme le troisième album original du groupe, si l’on compte à partir de 73 Touches, et il reste l’une de ses œuvres les plus abouties.

Entre les deux, et autour, gravitent d’autres sorties utiles pour les curieux : des participations à des compilations consacrées au rap français old school, un projet de remixes intitulé Beat Torrent Reworks et une compilation Best Of Golden Works, toutes deux datées de 2010 sur les plateformes de streaming.

Écouter Hocus Pocus aujourd’hui : par où commencer dans la discographie

La discographie du groupe est disponible sur les principales plateformes, y compris en haute résolution chez certains services spécialisés. Pour ne pas se perdre, voici un ordre d’écoute qui fonctionne bien selon votre profil :

  1. Vous découvrez le groupe : commencez par Place 54, l’album le plus accessible et celui qui a fait connaître le groupe.
  2. Vous aimez les albums concept : enchaînez avec 16 Pièces, à écouter d’une traite pour apprécier sa construction.
  3. Vous voulez comprendre les racines : remontez vers 73 Touches et le single « Hip Hop? », puis vers le maxi Conscient de 2003.
  4. Vous êtes collectionneur : cherchez les premiers projets, Première Formule et Seconde Formule, qui témoignent de la période duo, avant l’arrivée des instruments.

Cette progression permet de mesurer l’évolution du groupe, d’un rap artisanal des années 90 vers une formation live complète, et d’apprécier le travail de production de 20Syl à chaque étape.

Hocus Pocus le groupe nantais ou Hocus Pocus le morceau de Focus : bien distinguer

Une recherche sur « hocus pocus groupe » mène parfois vers une tout autre musique. Hocus Pocus est en effet aussi le titre du morceau le plus célèbre du groupe néerlandais Focus, un rock progressif instrumental porté par l’orgue, la flûte et les vocalises de Thijs van Leer. Les deux univers n’ont aucun lien direct : d’un côté un collectif hip-hop de Nantes, de l’autre un classique du rock des années 70.

Ils partagent pourtant un point commun : l’amour du jeu instrumental et des claviers. Si le Fender Rhodes de Hocus Pocus vous a donné envie d’explorer d’autres musiciens qui font chanter leurs claviers, le portrait de Thijs van Leer, flûtiste et organiste de Focus est une bonne porte d’entrée.

Qui sont les membres du groupe Hocus Pocus ?

La formation la plus connue réunit 20Syl (production, rap, DJ), DJ Greem (platines), Mathieu Lelièvre (Fender Rhodes), Hervé Godard (basse) et Antoine Saint-Jean (batterie). David Ledeunff les a ensuite rejoints à la guitare.

Hocus Pocus vient de quelle ville ?

Le groupe est originaire de Nantes, où il a été fondé en 1995 par 20Syl et Cambia.

Quel album de Hocus Pocus écouter pour une première découverte ?

Place 54 (2007) reste la meilleure entrée : c’est le disque qui a révélé le groupe au grand public et il résume bien son mélange de rap et d’instruments live.

Pourquoi parle-t-on de hip-hop acoustique pour Hocus Pocus ?

Parce que le groupe joue ses morceaux avec une vraie basse, une vraie batterie et un Fender Rhodes, au lieu de s’appuyer uniquement sur des samples. Le terme apparaît d’ailleurs dans le titre de son EP de 2002, Acoustic Hip Hop Quintet.

Le groupe Hocus Pocus a-t-il un rapport avec le titre Hocus Pocus de Focus ?

Non. Il s’agit d’un simple homonyme : le morceau Hocus Pocus appartient au groupe de rock néerlandais Focus, sans lien avec la formation hip-hop nantaise.